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La sclérose en plaques
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Définition:
La sclérose en plaques (SEP) se définit comme une
démyélinisation inflammatoire des gaines de myélines, ayant une répartition
et une topographie particulière, circonscrites (d'où l'aspect de
"plaques"), pouvant toucher n'importe quel secteur de la substance
blanche du système nerveux, mais ayant une prédilection pour le tronc
cérébral et les zones périventriculaires.
Epidémiologie:
L'épidémiologie de la SEP révèle une répartition inégale
de la maladie, selon un gradient Nord Sud, les zones de hautes prévalences se
situant au nord, les prévalences les plus basses se retrouvant autour de la
méditerranée et en Amérique centrale. L'hypothèse d'un facteur environnemental
est étayé par le fait que les personnes ayant quitté leur
région natale avant 15 ans acquièrent les même probabilités d'être touchés
que la population locale.
En faveur d'un facteur génétique, on notera une faible
prévalence chez les japonais, les noirs d'Amérique du Nord.
(source:Pr. Gilles Edan , CHU de Rennes)
Symptomatologie:
Début de la maladie:
Le symptôme le plus caractéristique reste l'évolution
en poussées successives , qui régressent en quelques semaines, avec ou sans séquelle,
pour faire place à une accalmie ou une stabilité jusqu'à la poussée
suivante.
Aux premiers stades de la maladie, les lésions qui s'expriment
en premier peuvent siéger en des points très divers du système nerveux
central, entraînant une symptomatologie révélatrice, très variable d'un cas
à un autre :
-
une paraparésie,
-
une monoplégie brachiale ou crurale,
-
un déséquilibre en position debout
-
des troubles sensitifs, paresthésies, dysesthésies, zones
d'hypoesthésie cutanée;
-
une névrite optique
-
L'IRM montre des lésions multiples de la substance blanche.
A un stade plus avancé:
Au bout d'une succession de poussées régressives, la SEP entraîne un tableau
déficitaire permanent avec:
- une spasticité, une exagération des ROT, une perte de commande des MI,
un signe de Babinski
- Une note cérébelleuse aux membres supérieurs, incoordonnés
- des déficits proprioceptifs, les patients devant parfois contrôler par
la vue la position de leurs pieds
- Un nystagmus
- Des troubles fonctionnels sphinctériens et sexuels
- Des troubles psychiques avec un état d'indifférence, ou une dépression
- Défaut de mémoire, de synthèse
- Parfois, des crises d'épilepsie
Le diagnostic repose sur la clinique précédemment décrite, la présence
anormale à l'électrophorèse d'IgG (produite par le tissu nerveux) et surtout
l'IRM qui confirme le siège et l'évolution des lésions.
Traitement:
-
Les corticoïdes sont actifs sur les poussées, par cures
brèves et intenses
-
Les immunosuppresseurs:
-
L'Imurel donne la possibilité d'une stabilisation
prolongée
-
L'Exodan, utilisé en cure IV peut freiner ou arrêter
une période d'évolution grave, mais a un risque oncogène élevé et
des effets indésirables importants
-
Le Mitoxantrone permet d'arrêter à 80% la poussée et
améliore le handicap sur une période de six mois, mais est cardio
toxique.
-
Le Bêta Interféron reste la meilleure piste: Il a une
capacité sur une période de 3 ans de réduire de 30% la fréquence des
poussées et de réduire la progression de la charge lésionnelle sur l'IRM.
Son efficacité réelle sur le handicap est en cours d'évaluation. Il
s'administre soit par voie sous cutanée (1 injection tous les deux
jours), soit par voie IM (1 injection/sem.) Les effets secondaires sont
dominés par un syndrome pseudogrippal dans les heures qui suivent
l'injection. Il est le seul médicament à avoir obtenu l'AMM pour la
SEP. Son coût est élevé 1200€ environ par mois.
-
La rééducation, elle mérite d'être pratiquée en
permanence. Elle est difficile lorsqu' existent plusieurs déficits associés
(pyramidal + cérébelleux + proprioceptif). Il faut mettre en garde contre
l'immersion en eau chaude (l'élévation thermique aggrave les troubles de
conduction dans des fibres démyélinisées).La rééducation vésico-sphinctérienne
peut transformer le handicap social chez certains patients.L'intervention
des ergothérapeutes facilite le maintien dans le cadre de vie habituel.
(source:Pr. Gilles Edan , CHU de Rennes)
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