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COLIQUE NEPHRETIQUE
Le
système immunitaire
Le corps humain fait ,tous les jours, face à des millions de
microorganismes, bactéries, virus, ou autre. S'il ne disposait d'aucune
défense, ces microorganismes auraient vite colonisé et parasité l'organisme,
rendant sa survie impossible.
Des millions d'années d'évolution ont permis d'élaborer un système
complexe d'autodéfense et de protection. En premier lieu, la peau elle même
est un barrage à la prolifération bactérienne, son acidité l'inhibant. Il
s'agit d'une défense non spécifique. Il en est de même pour les muqueuses,
les sécrétions lacrymales, le mucus...Tous représentent une barrière
physique non spécifique. Or cette barrière a ses limites: la peau peut -être
ébréchée et permettre ainsi l'introduction de microorganismes. C'est à ce
niveau qu'intervient le système immunitaire, mélangeant astucieusement
défenses non spécifiques et défenses spécifiques.
I - Défenses non spécifiques:
Il repose sur le pouvoir destructeur de cellules spécialisées dans le
"nettoyage", en l'occurrence les phagocytes et cellules tueuses, ainsi
que bien d'autres systèmes que nous allons développer.
A - Les phagocytes
Ils regroupent un ensemble de cellules ayant le pouvoir de phagocyter
(du grec phagein=manger) des agents pathogènes. Leur représentant
principal est le macrophage, cellule se trouvant dans la majorité des
organes et dans le liquide interstitiel, à la recherche de débris cellulaires
ou d'agents pathogènes à phagocyter. Le phagocyte dispose de prolongements
cytoplasmiques que l'on pourrait comparer à les lianes, ou des bras, lui
permettant de saisir une particule. Celle-ci a autant plus de chances d'être
saisie qu'elle dispose sur la
membrane de protéines du complément, phénomène appelé opsonisation.
Ensuite,celle-ci est progressivement ramenée contre la paroi, qui s'invagine,
et crée une vacuole ou la particule est "ingérée". Cette vacuole
fusionne alors avec un lysosome (=vacuole contenant des enzymes de lyse). A ce
niveau, le processus de destruction du microorganisme est assez complexe:
Fig.1: macrophage
- L'explosion respiratoire: il s'agit d'une activité de lyse consistant à
utiliser les radicaux libres cellulaires, via l'oxygénation, contre la
particule.
- Il est fabriqué également par la cellule, des substances aux
propriétés antibiotiques (les lysozymes), provoquant la destruction de la
paroi bactérienne, ainsi que la lactoferrine, qui inhibe leur réplication.
- Les neutrophiles disposent d'une action encore plus étendue, car ils ont
la capacité de produire une substance semblable à l'hypochlorite dans une
action de destruction kamikaze. (ils se détruisent en même temps que la
particule à lyser)
B - Les lymphocytes T
Il s'agit d'un groupe cellulaire distinct, de grand
lymphocytes granuleux. Leur nom, lymphocytes T, (T= Tueur)
vient du fait que ces cellules ont la capacité de tuer de manière non
spécifique, une cellule tumorale ou infectée. Contrairement aux lymphocytes
habituels, qui eux réagissent à un agent pathogène spécifique, les LT
ont la capacité d'attaquer n'importe quelle cellule. Leur mécanisme de
différenciation est toujours inconnu. Ils font donc partie du système de
défenses non spécifique.
C - La réaction inflammatoire
Troisième point de défense non spécifique, la réaction
inflammatoire, est un mécanisme complexe se déclenchant dès qu'une
lésion est détectée: elle empêche ainsi la prolifération d'agents
pathogènes, élimine les débris cellulaires et amorce les étapes de
reconstruction des tissus.
Une lésion provoque une libération de médiateurs chimiques (histamines,
complément...) par le tissu lésé. Celles-ci provoquent une vasodilatation,
améliorant la circulation, une augmentation de la perméabilité capillaire
et un phénomène appelé chimiotactisme (c'est à dire, une attraction
des monocytes et lymphocytes sur le lieu). Cliniquement, cette réaction
inflammatoire provoque une rougeur, une chaleur locale, une tuméfaction
et une douleur liée à l'hyperpression locale. Localement, il se produit
un exsudat, produit de l'hyperperméabilité membranaire et des déchets des
cellules mortes, c'est le pus.
Cette réaction inflammatoire permet l'envahissement du siège par de
nombreux phagocytes, puis, quelques heures après, une augmentation des
neutrophiles (le temps de la "fabrication"). Enfin, quand le siège
est débarrassé des agents pathogènes, les macrophages le nettoie des
débris,permettant ainsi une réparation tissulaire rapide.
D - Le complément et l'interféron
Le système du complément:
Il s'agit d'un système d'une vingtaine de protéines, pourtant mal connu,
mais participant d'une manière très active au système de défense. En effet,
ces facteurs se trouvent à l'état inactifs, naturellement dans le sang. Lors
de la rencontre avec un agent pathogène, le facteur C3, se fixe à sa membrane
plasmique, provoquant alors une réaction en chaîne des autres
protéines. C'est la fixation du complément. Celui permet la fixation du
complexe d'attaque membranaire. Ce complexe creuse un "trou" au
sein de la membrane bactérienne, provoquant alors une fuite des solutés selon
leurs gradients , aboutissant finalement à la lyse. De plus, la fixation du
complément favorise le phénomène d'opsonisation.
L'interféron
Les virus ne possédant pas les machineries nécessaires à leur survie, ils
assurent celle-ci en parasitant la machinerie cellulaire. Une cellule infectée,
bien qu'impuissante face à sa propre infection, peut contribuer à la défense
des autres cellules n'ayant pas été touchées en fabriquant une protéine:
l'interféron. En atteignant d'autres cellules, celle-ci stimule la production
du TIP (translation inhibitory protein), qui inhibe la réplication virale. De
plus, les interférons activent les macrophages
II - Les défenses spécifiques:
Il s'agit de la réaction immunitaire, et comporte trois grands aspects:
- la spécificité: la réponse immunitaire est spécifique à un antigène
donné qu'il reconnaît et cible son attaque sur celui-ci.
- Elle est systémique, c'est à dire qu'elle touche tout l'organisme sans
se limiter au foyer infectieux
- Elle mémorise les agents infectieux précédemment rencontrés afin
d'élaborer une réponse ciblée et rapide à l'agent pathogène (principe
du vaccin).
le système immunitaire se caractérise par deux familles lymphocytaires, les
lymphocytes B et les lymphocytes T, ainsi que les
macrophages.
Les lymphocytes ne possèdent sur leur membrane qu'un seul type de
récepteur, qui ne réagit qu'avec un seul type d'antigène. Les macrophages,
eux, jouent un rôle d'auxiliaire dans la lutte, et montrent ainsi l'étroite
collaboration entre système spécifique et non spécifique.
A - les antigènes
Aussi appelés Ag, ils s'agit de substances ayant la capacité de provoquer
une réaction immunitaire. Un antigène a la capacité de stimuler la
prolifération des lymphocytes T et B spécifiques, et de réagir avec ceux-ci
et leurs anticorps libérés à cette occasion. C'est immunogénécité
et la réactivité. Les antigènes possèdent sur leur surface des combinaisons
moléculaires spécifiques, les déterminants antigéniques. C'est eux qui sont
reconnus par le système et permettent aux LT et LB de s'y
lier par complémentarité de structure.
C'est ce déterminant antigénique qui déterminera la valence de
l'antigène, c'est à dire le nombre de déterminants qui seront reconnus par le
système, et qui induiront cette réponse. C'est cette propriété qui est
utilisée dans l'industrie de fabrication de prothèses: celles-ci sont
réalisées dans des matières ne proposant pas ou peu de déterminants
antigéniques et ne sont pas ainsi rejetés pas l'organisme.
B - la stimulation antigénique:
Un lymphocyte est, rappelons le, spécifique à un antigène donné. La rencontre
entre le lymphocyte et son antigène a lieu dans le système lymphatique, bien
souvent la rate ou un ganglion. Le lymphocyte dispose sur sa surface membranaire
de récepteurs spécifiques à l'antigènes. Ceux-ci s'y fixent et provoquent
leur regroupement sur une petite partie de la membrane cellulaire. Ce
phénomène, appelé capping, permet ensuite l'endocytose des complexes
formés et déclenche le processus de sélection clonale.
La quasi totalité des molécules (macro-) étrangères peuvent jouer le
rôle d'antigène: acides nucléiques, protéines...
C - La sélection clonale
Suite au phénomène de capping, le LB voit sa croissance
stimulée par une mitose rapide, formant ainsi une véritable armée de
lymphocytes spécifiques à l'antigène. La plupart des clones se transforment
en plasmocytes, qui sont les cellules effectrices de la réaction
humorale. Ils élaborent une machinerie interne complexe afin de produire une quantité
phénoménale d'anticorps, au rythme de 2000/seconde et par plasmocyte,
jusqu'à sa mort (durée de vie d'une centaine d'heures). Les anticorps
libérés circulent alors librement dans le sang ou la lymphe, afin de se fixer
au premier antigène libre venu, formant ainsi un complexe anticorps
antigène.
Fig.2
plasmocyte. Remarquez la place du noyau et des réticulums, indispensables à la
production en masse des anticorps
Une partie minime des clones va se transformer, et devenir des cellules
mémoires, à durée de vie prolongée, capables de provoquer une réaction
humorale quasi immédiate s'il rencontre à nouveau l'anticorps à l'avenir.
D - La mémoire immunitaire
Lors d'une première rencontre antigène/lymphocyte, la prolifération
lymphocytaire prend trois à six jours: c'est la réaction immunitaire
primaire, dont la concentration plasmatique d'anticorps atteint son pic au
dixième jour.
Par la suite, une seconde exposition provoque une réaction immunitaire
secondaire, beaucoup plus rapide, de l'ordre de quelques heures. La
concentration en anticorps reste, elle aussi, élevée beaucoup plus longtemps,
de l'ordre de plusieurs mois. Les cellules mémoires conservent leurs capacités
réactive durant toute la vie du sujet.
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