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etudiant infirmier .com - Physiologie des glandes endocrines
LES
GLANDES ENDOCRINES
Ce
sont des glandes caractérisées par la richesse de leur vascularisation et par
la disposition spéciale de leurs capillaires, dépourvus de paroi propre, le
sang baignant directement les cellules glandulaires : capillaires dits sinusoïdes.
On
donne le nom d’hormones aux produits de sécrétion des glandes
endocrines
LE
CORPS THYROIDE :
ANATOMIE
DESCRIPTIVE
C'est
la plus volumineuse des glandes endocrine. Elle est située à la face antérieure
du cou, au
dessous
des cartilages du larynx, contre la trachée dont elle recouvre les premiers
anneaux.
Elle
est constituée par deux lobes latéraux réunis l'un à l'autre par une portion
rétrécie, l'isthme. Sa forme générale rappelle donc celle d'un H. Sa
consistance est ferme, sa coloration gris rosé, son poids moyen de 20 à 25 g.
Histologiquement,
la glande thyroïde apparaît comme formée par la juxtaposition de nombreux îlots
cellulaires auxquels on donne le nom de vésicules thyroïdiennes. Chaque vésicule
thyroïdienne est constituée ainsi :
- le
centre est occupé par une masse plus ou moins volumineuse de substance
gommeuse, jaunâtre, dépourvue de toute cellule. Cette substance est appelée
substance colloïde ;
- chaque
amas de substance colloïde est entoure d'une seule couche de cellules épithéliales
polyédriques. Ce sont ces cellules qui élaborent la substance colloïde
qu'elles mettent en réserve au centre des vésicules ;
- entre
les vésicules thyroïdiennes existe un très riche réseau capillaire. L'aspect
des cellules thyroïdiennes et la quantité de substance colloïde contenue dans
les vésicules varient selon le degré d'activité de la glande.
LES
HORMONES THYROIDIENNES :
Les
hormones thyroïdiennes sont synthétisées et stockées au sein de la substance
colloïde. Celle-ci est constituée par une substance protéique dont la
composition chimique est encore incomplètement connue, la thyréoglobuline, qui
résulte de la combinaison des hormones thyroïdiennes ou de leurs précurseurs
avec une globuline.
Les
hormones thyroïdiennes sont libérées à partir de la thyréoglobuline. Ces
hormones sont:
la
di-iodo-thyronine ou T2, la tri-iodo-thyronine ou T3, et la tétra-iodo-thyronine
ou thyroxine ou T4. Ces hormones, liées dans la molécule de thyréoglobuline
qui sert de réserve, sont libérées et déversées dans le sang, où elles
sont fixées sur des protéines de transport. La thyroxine représente à elle
seule environ 75 % des hormones thyroïdiennes circulantes, les autres hormones,
les 25 % restants. Ces hormones sont, contrairement à la thyréoglobuline, de
constitution chimique parfaitement connue. La part prise dans les effets
physiologiques par chacun des composés hormonaux est inégale: les deux
produits les plus actifs sont la T3 et la T4, avec un rôle de premier plan à
la T3.
Le
fait essentiel à connaître est la très grande richesse en iode des hormones
thyroïdiennes. L'iode est fixé avec avidité par la glande qui l’utilise
pour la synthèse des hormones en le fixant sur la thyréoglobuline. Aussi la présence
d'iode est-elle indispensable à l'activité de la thyroïde, toute carence en
iode déterminant un hypofonctionnement thyroïdien et l'apparition d'un goitre.
Des travaux récents ont permis la découverte d'une nouvelle hormone
thyroïdienne, totalement différente, la thyrocalcitonine. Il s'agit d'une
hormone de nature protéique agissant uniquement sur le métabolisme du calcium.
PHYSIOLOGIE
DU CORPS THYROïDE
Elle
est maintenant bien connue par les expériences d’ablation complète de la
glande et l'administration d'extraits thyroïdiens chez les animaux adultes et
les animaux jeunes en voie de croissance, et l'étude des maladies humaines dues
à un trouble du fonctionnement de la glande.
La
glande thyroïde est douée de multiples fonctions qui ne sont que la conséquence
de l'action qu'elle exerce sur le métabolisme à l'étage cellulaire, action
que nous étudierons en premier lieu.
ACTIONS
MÉTABOLIQUES
L'action
qu 'exerce la thyroïde sur le métabolisme cellulaire constitue le dénominateur
commun de
toutes
les fonctions de la glande. D'une façon générale, la thyroïde active les
processus de combustion au niveau de la cellule; elle fait en quelque sorte
tourner plus vite la « centrale thermique » humaine. Elle agit ainsi :
- sur
l'énergie libérée par les cellules: l'ablation de la glande diminue l'activité
cellulaire et par conséquent l'énergie libérée par les cellules,
l'administration d'extraits thyroïdiens au contraire augmente le métabolisme
cellulaire. Le métabolisme cellulaire peut être mesuré aisément par le métabolisme
de base: il est considérablement abaissé (de -30% à -45 %) après suppression
de la glande, il est augmenté en cas d'hyperfonctionnement thyroïdien ;
- sur
le métabolisme des glucides, des lipides, des protides dont elle accélère
l'utilisation par les cellules de l'organisme, utilisation diminuée en cas
d'hypofonctionnement thyroïdien ;
- cette
augmentation du métabolisme général entraîne une élévation des échanges
respiratoires, une augmentation du volume sanguin circulant et du débit
cardiaque se traduisant cliniquement par les palpitations et les bouffées de
chaleur en cas d'hyperfonctionnement thyroïdien; l'hypothroïdie entraîne les
phénomènes inverses ;
- cette
action métabolique générale joue un rôle important dans la régulation de la
température centrale: la thyroïde lutte contre les abaissements de température
par une augmentation de la production de chaleur par l'organisme ;
- rappelons
enfin que la thyroïde joue un rôle important dans le métabolisme de l'iode.
La majeure partie de l'iode de l'organisme est fixée par la glande dans la
substance colloïde et sert à l'élaboration des hormones thyroïdiennes.
ACTION
SUR LA CROISSANCE
Cette
action de stimulation qu'exerce la thyroïde sur 1'activité cellulaire explique
le rôle fondamental de cette glande au cours de la croissance, période
d'intense activité cellulaire. Ce rôle est particulièrement bien mis en évidence
par l'expérimentation animale :
-dans
toutes les espèces animales, la suppression de la glande thyroïde chez des
sujets en voie de croissance provoque l'arrêt de celle-ci et entraîne un
nanisme thyroïdien; cet arrêt de croissance est d'autant plus grave que
l'animal est plus jeune. L'administration d'extraits thyroïdiens corrige les
troubles provoqués par l'ablation de la thyroïde et ceci avec des résultats
d'autant meilleurs que le traitement substitutif a été commencé plus précocement
;
-de
plus, l'administration d'extraits thyroïdiens à des animaux normaux en voie de
croissance entraîne une accélération de celle-ci mais il n'y a cependant
jamais d'exagération de la croissance, ni apparition de gigantisme ;
-chez
les animaux présentant une métamorphose au cours de la croissance et notamment
chez les amphibiens ( crapaud, grenouille) la suppression de la thyroïde empêche
totalement la métamorphose du têtard en animal adulte alors que
l'administration d'hormone thyroïdienne au têtard normal accélère sa
transformation en animal adulte.
La
thyroïde a donc une action de stimulation sur la croissance. Dans l'espèce
humaine les troubles liés à la suppression de la glande chez le sujet jeune
sont particulièrement accentués. L'insuffisance thyroïdienne survenant chez
le très jeune enfant entraîne un retard de croissance staturo-pondérale
considérable associé à une absence de développement sexuel et intellectuel
(crétinisme).
ACTIONS
TISSULAIRES
La
thyroïde agit sur les différents tissus de l'organisme et leur donne une
trophicité normale, c'est- dire une résistance et un aspect normaux. Elle agit
:
-sur
les cartilages de conjugaison dont elle prépare la maturation et
l'ossification: Cette action sur les cartilages de conjugaison explique l'action
de la glande sur la croissance ;
-sur
l'appareil génital : la présence du corps thyroïde est indispensable au développement
génital du jeune et en particulier à l'apparition de la puberté ;
-sur
les annexes de la peau (poils et ongles) et sur les dents ; elle favorise la
pousse des poils, des ongles, l'apparition et la croissance des dents ;
-sur
les cellules du système nerveux supérieur : elle facilite le fonctionnement de
ces dernières et, par
là, agit sur le développement intellectuel et psychique de l'individu.
D'ailleurs, les troubles du fonctionnement thyroïdien entraînent constamment
un retentissement intellectuel et caractériel chez l'homme: crétinisme chez
l'enfant, ralentissement intellectuel chez l'adulte en cas d'hypothyroïdie,
irritabilité et excitabilité en cas d'hyperthyroïdie.
Ces
différentes actions peuvent être aisément constatées sur l'homme au cours
des maladies perturbant le fonctionnement de la glande :
-certaines
comportent un hypofonctionnement de la glande: myxoedème ;
-les
autres un hyperfonctionnement thyroïdien : maladie de Basedow.
ACTION
DE LA THYROCALCITONINE
Elle
agit sur le métabolisme du calcium : elle entraîne une hypocalcémie (baisse
du taux sanguin du calcium) avant tout par action directe sur le système osseux
en inhibant la résorption osseuse. Ce freinage du catabolisme osseux est très
important et il diminue de façon considérable la quantité de calcium libéré
à partir de l'os. La thyrocalcitonine détermine aussi une hypercalciurie qui
s'ajoute au mécanisme précédent pour réaliser l'hypocalcémie.
La
thyrocalcitonine agit également sur le métabolisme du phosphore, intimement lié
à celui du calcium: elle entraîne une hypophosphorémie (baisse du taux
sanguin du phosphore), par le même mécanisme et également en augmentant l'élimination
urinaire du phosphore.
Cette
hormone a donc un rôle antagoniste de celui de la parathormone ( qui est
hypercalcémie) pour le maintien de la calcémie. Ce maintien à un taux stable
de 100 mg par litre est une nécessité vitale, des troubles sévères
apparaissant dès que la calcémie s'abaisse (tétanie), ou s'élève (troubles
psychiques, insuffisance rénale, hypertension, ulcères, etc.. ) de quelques
milligrammes par litre.
CONNEXIONS
DE LA GLANDE THYROïDE
La
thyroïde obéit à une hormone sécrétée par le lobe antérieur de
l'hypophyse: la thyréostimuline, ou T.S.H. La suppression de l'hypophyse réduit
de 90% l'activité de la glande thyroïde. L'hypophyse elle-même est sous la
commande de l'hypothalamus (plancher du troisième ventricule) qui secrète une
hormone stimulant la sécrétion par l'hypophyse de thyréostimuline: cette
hormone est le T.R.F. La sécrétion de T.R.F, et par conséquent de thyréostimuline
est déterminée par le taux des hormones thyroïdiennes circulantes :
augmentation de la sécrétion en cas de baisse du taux des hormones thyroïdiennes
circulantes, et inversement. Dans les cas humains d'hyperfonctionnement thyroïdien
(maladie de Basedow) a été découvert un activateur thyroïdien anormal, le
L.A.T.S., dont l'activité est très proche de celle de la T,S.H.
La
sécrétion de la thyrocalcitonine est totalement indépendante de la commande
hypophysaire et ne dépend
que du taux de la calcémie, toute hausse de celle-ci entraînant
l'accroissement de la sécrétion hormonale, et toute baisse un freinage sécrétoire.
EXPLORATION
DE LA FONCTION THYROÏDIENNE
Plusieurs
épreuves permettent d'étudier, en clinique, les anomalies de la fonction thyroïdienne
:
- La mesure du métabolisme de base: augmenté dans l'hyperthyroïdie, diminué
dans l'hypothyroïdie.
- Le dosage du cholestérol sanguin: diminué dans l'hyperthyroïdie, augmenté
dans l'hypothyroïdie.
- Le réflexogramme achillée: allongé dans l'hypothyroïdie, raccourci dans
l'hyperthyroïdie.
- L'étude de la fixation thyroïdienne de l'iode radioactif. Elle permet de
dresser des courbes de fixation et de réaliser des cartographies de la glande.
La fixation d'iode est d'autant plus rapide que la glande est
hyperfonctionnelle.
- Les dosages sanguins de l'iode circulant et des hormones thyroïdiennes: leur
taux est d'autant plus élevé qu'il existe un hyperfonctionnement thyroïdien.
LES
GLANDES PARATHYROÏDES :
ANATOMIE
Ce
sont de petites glandes ovalaires, au nombre de 4, situées deux par deux à la
face postérieure des lobes latéraux du corps thyroïde. Des anomalies de
nombre, de forme et de situation sont fréquentes. Très petites, de la taille
d'un pois, elles pèsent de 0,01 à 0,10 g.
Histologiquement,
elles sont constituées de deux types de cellules :
- les
cellules principales, dépourvues de granulations, qui semblent seules douées
de la fonction endocrine de la glande ;
- les
cellules oxyphiles contenant de nombreuses granulations.
PHYSIOLOGIE
DES PARATHYROÏDES
Les
expériences d'ablation totale des parathyroïdes et l'administration d'extraits
parathyroïdiens ont montré que :
-ces
glandes sont indispensables à la vie ; elles tiennent sous leur dépendance le
métabolisme du calcium et du phosphore.
LA
PARATHYROIDECTOMIE
Quand
elle est totale, entraîne une tétanie aiguë, maladie caractérisée par des
accès convulsifs généralisés, des contractures musculaires, et une évolution
rapide vers la mort par arrêt respiratoire.
Quand
la parathyroïdectomie n'est que partielle, elle entraîne une tétanie fruste.
Cette maladie se traduit par des contractures musculaires évoluant par crises,
des accès convulsifs. Les examens mettent en évidence deux phénomènes
fondamentaux : une hyperexcitabilité neuro-musculaire traduite par des
anomalies de l'électromyogramme et des troubles du métabolisme
phospho-calcique avec hypocalcémie, hyperphosphorémie, diminution de la
calciurie et de la phosphaturie.
L'ADMINISTRATION
D'EXTRAITS PARA THYROÏDIENS
Elle
corrige les troubles provoqués par la parathyroïdectomie.
L'administration
d'extraits parathyroïdiens à l'animal normal entraîne l'apparition d'une
hyperparathyroïdie. L'hyperparathyroïdie existe chez l'homme en cas de tumeur
de l'une des parathyroïdes : c'est la maladie de Recklinghausen. L
'hyperparathyroïdie entraîne trois ordres de signes :
-des
modifications du squelette et du tissu osseux avec apparition de géodes ;
-des
troubles rénaux : apparition de calculs ;
-des
troubles biologiques: hypercalcémie avec hypercalciurie et hypophosphorémie.
-plus
accessoirement, l'hyperparathyroïdie peut entraîner des troubles digestifs
(ulcères gastro-duodénaux), musculaires (hypotonie musculaire), une
hypertension.
L'HORMONE
PARATHYROïDIENNE
Elle
porte le nom de parathormone. C'est une protéine complexe, dont la structure
exacte est maintenant bien connue. Elle est formée par une chaîne de 84 molécules
d'acides aminés dont la nature et l'enchaînement sont connus.
Elle
assure la régulation du métabolisme du calcium et du phosphore et tous les
troubles engendrés par la parathyroïdectomie ou l'hyperparathyroïdie relèvent
de ce mécanisme.
Elle
entraîne une hypercalcémie et une hypophosphorémie. Ces effets biologiques résultent
d'actions sur: le système osseux, le rein et l'intestin
- au
niveau de l'os: la parathormone détermine une résorption osseuse (en
augmentant l'activité des ostéoclastes) : cette résorption porte non
seulement sur les éléments minéraux, mais aussi sur la matrice protéique. Le
résultat de cette résorption osseuse est la mobilisation du calcium osseux, et
par suite l'hypercalcémie; il existe également une mobilisation du phosphore
osseux ;
- au
niveau du rein: la parathormone entraîne une augmentation de la phosphaturie (
en diminuant la réabsorption tubulaire des phosphates) .Cette hyperphosphaturie
détermine à son tour une hypophosphorémie malgré la mobilisation du
phosphore osseux insuffisante à compenser la fuite de phosphore par le rein. L
'hormone provoque également une augmentation de la réabsorption tubulaire du
calcium ; elle tend donc à freiner l'hypercalciurie déclenchée par
l'hypercalcémie et à maintenir ainsi, l'hypercalcémie ;
- au
niveau de l'intestin: l'hormone augmente l'absorption intestinale du calcium.
La
parathormone a donc une action antagoniste de la thyrocalcitonine pour le
maintien de la calcémie. Elle est l'hormone de protection du capital calcique.
Au
total, ces deux hormones tendent à maintenir constants les taux sanguins du
calcium et du phosphore, le rapport entre ces deux éléments (rapport
phospho-calcique) devant rester constant dans l'organisme.
CONNEXIONS
DES PARATHYROïDES
La
sécrétion parathyroïdienne est réglée uniquement par le taux de la calcémie
dans le sang irriguant les parathyroïdes, et en particulier par l'activité du
calcium ionisé. Toute baisse stimule la sécrétion hormonale, toute hausse la
freine.
EXPLORATION
DE LA FONCTION DES PARATHYROïDES .
Le
fonctionnement des glandes parathyroïdes peut- être étudié :
1.
Par l'étude du calcium, du phosphore et de leurs taux dans les différents
liquides de l'organisme : calcémie, calciurie, phosphorémie, phosphaturie, étude
des éliminations rénales par les clairances notamment des phosphates.
2.
Par le dosage sanguin de Ia parathormone: il s'agit d'un dosage
radio-immunologique qui utilise un anticorps radioactif spécifique antihormone.
LES
GLANDES SURRÉNALES :
ANATOMIE
Les
glandes surrénales sont au nombre de deux, une droite et une gauche; elles sont
situées chacune au voisinage du pôle supérieur du rein correspondant. Leurs
dimensions moyennes sont de 3 cm de haut, 2 cm de large, 1 cm d'épaisseur, leur
poids de 4 à 6 g, leur consistance molle, leur coloration jaune chamois.
A
la coupe, les surrénales se montrent constituées de deux zones absolument différentes,
différence qui se retrouve dans leur fonction. Ces deux zones sont :
-la
zone corticale ou cortico-surrénale, située à la périphérie de la glande,
de coloration jaune. Elle est formée par trois couches superposées de cellules
glandulaires; ces trois couches de cellules portent les noms de zones glomérulaire,
fasciculée et réticulée ;
-la
zone médullaire ou médullo-surrénale, d'aspect brun-rouge occupe le centre de
la glande. Elle est formée de cellules polygonales, en cordons, bourrées
d'enclaves colorables; ces enclaves peuvent être mises en évidence par une réaction
chimique spéciale, la réaction chromaffine, spécifique de l'adrénaline.
PHYSIOLOGIE
DE LA CORTICO-SURRÉNALE
LES
EXPÉRIENCES
Les
nombreuses expériences d'ablation des glandes surrénales pratiquées chez
l'animal depuis Brown- Séquard en 1856 ont montré que la cortico-surrénale
est indispensable à la vie alors que la médullosurrénale ne l'est pas.
La
suppression de la corticosurrénale chez l'animal, comme d'ailleurs chez
l'homme, entraîne la mort en 1 à 5 jours dans un tableau associant des
troubles digestifs, un collapsus cardio-vasculaire et une prostration
aboutissant au coma. Les examens biologiques montrent des troubles graves
portant sur l'équilibre et le métabolisme de l'eau, ainsi que sur l'éqUilibre
des électrolytes (sodium et potassium en particulier) .
L'administration
d'extraits corticosurrénaux à l'animal surrénalectomisé corrige ces
troubles.
LES
HORMONES CORTICOSURRÉNALES
La
corticosurrénale sécrète de nombreuses hormones dont la constitution chimique
est maintenant bien déterminée ainsi que leur fabrication dans la surrénale
(biosynthèse) et leur métabolisme dans l'organisme. L'action physiologique de
certains composés est cependant encore inconnue. Toutes les hormones surrénaliennes
peuvent désormais être synthétisées et l'on fabrique même des produits
artificiels doués d'activité hormonale mais de structure radicalement différente
des hormones naturelles (stéroïdes dits de synthèse).
L'ensemble
des hormones de la corticosurrénale est désigné sous le nom général de
corticostéroïdes ou de corticoïdes.
Toutes
ces hormones ont en commun : le même noyau chimique: le noyau stérol ; les
différentes hormones ne se différencient que par les éléments fixés sur ce
noyau;
-la
même voie de synthèse: toutes sont fabriquées à partir du cholestérol.
Les
hormones de la corticosurrénale peuvent, en fonction de leur rôle biologique,
être classées en trois grands groupes: minéralocorticoïdes, glucocorticoïdes
et androgènes.
1.
Les hormones minérales ou minéralocorticoïdes. Ce sont les « hormones de
l'eau et du sel ». Elles règlent en effet dans l'organisme l'équilibre
de l'eau et des électrolytes en agissant sur l'élimination de ces éléments
par le rein. L'hormone essentielle de ce groupe porte le nom d'aldostérone;
elle diminue l'élimination par le rein du sodium et de l'eau et accroît au
contraire l'élimination, par cet organe, du potassium ; le point d'impact de
l'hormone est le tube rénal distal : elle augmente, à ce niveau, la réabsorption
du sodium et, de l'eau et accroît la sécrétion du potassium. La surrénalectomie
entraîne donc du fait de la suppression de la sécrétion d'aldostérone une élimination
urinaire accrue de sodium et d'eau et une rétention de potassium: ces troubles
se traduisent cliniquement par de la polyurie, une déshydratation, une
hypotension artérielle et biologiquement par la baisse des taux sanguins du
sodium, du chlore, de la réserve alcaline et l'élévation du potassium. A
l'inverse, une sécrétion exagérée d'aldostérone a été mise en évidence
dans certaines tumeurs de la surrénale (hyperaldostéronisme ou syndrome de
Conn) ; il existe alors une hypertension artérielle, une asthénie, une
faiblesse musculaire, des crises tétaniques, et, sur le plan biologique, une
baisse du potassium sanguin (hypokaliémie), une élévation du sodium sanguin (hypernatrémie)
, de la réserve alcaline ( alcalose métabolique) , du volume sanguin (volémie),
une augmentation de l'élimination urinaire du potassium (hyperkaliurie), une
diminution de celle du sodium (hyponatriurie). Les autres hormones de ce groupe
ont une action plus faible que l'aldostérone; ce sont: la désoxycorticostérone
et la 17 hydroxy 11 désoxycorticostérone. C'est à son action sur le métabolisme
hydrominéral que la surrénale doit ses fonctions vitales.
2.
Les hormones métaboliques ou glucocorticoïdes ou 11 oxycorticostéroides. Ces
hormones agissent sur le métabolisme des glucides et des protides: elles
favorisent, en effet, la fabrication par l'organisme, de glucides, aliments énergétiques,
à partir des protides, aliments plastiques; cette fabrication porte le nom de néo-glycogénèse
; elles favorise la synthèse du
glycogène au niveau du foie. Les corticoïdes ont une action hyperglycémiante
et peuvent, administrés en excès, entraîner un diabète (diabète stéroidien).
Ces hormones agissent également sur le métabolisme des lipides: elles inhibent
la lipolyse et modifient la distribution du tissu adipeux. En outre, les corticoïdes
agissent sur les lymphocytes et inhibent la production d'anticorps ; c'est
pourquoi ils sont utilisés pour prévenir et traiter le rejet des greffes
d'organes; du fait de cette action, ils ont un rôle anti-inflammatoire.
L
'hormone essentielle de ce groupe est le cortisol ou hydrocortisone dont la
production moyenne chez l'homme est de 15 à 20 mg par 24 heures. La surrénale
fabrique peu de cortisone, hormone du même groupe et l'action glucocorticoïde
de la surrénale chez l'homme est attribuée en quasi-totalité au cortisol.
Les
glucocorticoïdes ont également, mais à un moindre degré, des propriétés
minéralocorticoïdes. Cette dualité d'action fait du cortisol la plus active
des hormones corticosurrénales puisque sa seule administration suffit à
maintenir en vie l'animal ou l'homme surrénalectomisés. La découverte du
cortisol a permis de pratiquer chez l'homme la surrénalectomie totale ( indiquée
par exemple dans certains cancers généralisés) et de maintenir en survie les
malades dont les surrénales sont détruites (maladie d'Addison).
L'hydrocortisone
est le traitement substitutif de choix en cas d'insuffisance de la sécrétion
hormonale normale.
3.
Les hormones androgènes ou 17 cétostéroides. Ce sont des hormones dont la
formule chimique es! très proche de celle des hormones génitales mâles élaborées
par le testicule, que nous allons étudier plus loin; la plus importante de ces
hormones est la déhydroépiandrostérone ou D.H.A. Le rôle physiologique des
androgènes surrénaliens paraît faible en regard des androgènes testiculaires
et en particulier de la testostérone qui assure l'essentiel de cette fonction.
La
surrénale élabore enfin une faible quantité d'oestrogènes (hormones
sexuelles femelles).
Ces
trois catégories d'hormones sont inactivées au niveau du foie et éliminées
ensuite par les reins. Les dosages de ces différents constituants dans les
urines revêtent une importance fondamentale au cours de l'étude des maladies
des surrénales.
HISTOPHYSIOLOGIE
DU CORTEX SURRÉNALIEN
La
différenciation des trois zones de la corticosurrénale est non seulement
histologique mais également fonctionnelle.
Il
est actuellement admis que :
-les
minéralocorticoides sont élaborés au niveau de la zone glomérulée ; cette
activité est indépendante de l'activité hypophysaire et notamment de la sécrétion
d'A.C.T.H. ;
-
les glucorticoides sont élaborés au niveau de la zone fasciculée; cette sécrétion
est sous la dépendance de l'A.C.T.H. hypophysaire ;
-les
androgènes sont élaborés au niveau de la zone réticulée.
LES
CONNEXIONS
Les
corticosurrénales obéissent à une régulation complexe :
1.
Une commande hypophysaire: le lobe antérieur de l'hypophyse sécrète une
hormone stimulante, la corticostimuline ou A.C. T .H. (Adréno-Cortico-Trophin-Hormon)
dont l'injection augmente la sécrétion cortico-surrénalienne. La sécrétion
d' A.C. T .H. est commandée par l'hypothalamus: celui-ci élabore une hormone
appelée C.R.F. qui stimule la sécrétion par l'hypophyse d'A.C.T.H. La sécrétion
de C.R.F. est elle-même déterminée par le taux des hormones corticosurrénaliennes
circulantes. L ' A.C. T .H. agit exclusivement sur la sécrétion des hormones métaboliques
(glucocorticoides) .
2.
Une commande humorale: ce dernier mécanisme n'intervient que pour la sécrétion
d'aldostérone qui est totalement indépendante de la commande hypophysaire. une
augmentation de la sécrétion d'aldostérone, et vice versa, le potassium ayant
des effets inverses ;
-l~
volume du sang circulant: l'augmentation de la volémie (perfusions) freine la sécrétion
d'aldostérone, sa diminution (hémorragies) la stimule ; les incitations sécrétoires
de cet ordre ont leur point de départ dans des récepteurs spécialisés,
sensibles au volume du sang circulant ( volo-récepteurs ) situés au niveau de
l'oreillette droite et de la bifurcation carotidienne ;
-le
chiffre de la tension artérielle: son augmentation freine la sécrétion
d'aldostérone, sa baisse la stimule.. Le point de départ de l'incitation sécrétoire
est constitué par des tenso-récepteurs situés en particulier dans le rein et
à la bifurcation carotidienne.
L'ensemble
de ces facteurs contrôle la sécrétion d'aldostérone par l'intermédiaire du
rein et la mise enjeu du système rénine-angiotensine. C'est en effet
l'angiotensine (formée par action de la rénine élaborée par le rein ) qui déclenche
directement la sécrétion d'aldostérone. Toutes les incitations stimulantes
provoquent donc dans un premier temps la sécrétion de rénine laquelle déclenche
la sécrétion d'aldostérone. Les incitations freinatrices ont l'effet inverse.
Le
système nerveux intervient dans la sécrétion d'aldostérone: toute
stimulation du système nerveux sympathique déclenche la libération de catécholamines
par .les extrémités nerveuses et par la médullo- surrénale. Cette libération
de catécholamines provoque la sécrétion de rénine ( et par conséquent
d'aldostérone) en agissant sur les béta-récepteurs du rem.
APPLICATIONS
PRATIQUES
,
L'insuffisance surrénale se rencontre au cours de
la
maladie d' Addison, liée à une atteinte tuberculeuse des cortico-surrénales.
L
'hyperfonctionnement cortico-surrénal ou hypercorticisme peut s'observer au
cours des tumeurs ou des hypertrophies de ces glandes: l'hypersécrétion
d'aldostérone provoque une maladie appelée syndrome de Conn, l'hypersécrétion
de cortisone provoque la maladie de Cushing, l'hypersécrétion des hormones
sexuelles entraîne des phénomènes de virilisation ou de féminisation.
L'exploration
de la fonction cortico-surrénalienne se fait par le dosage des cortico-stéroïdes
ou de leurs métabolites dans le sang et les urines.
PHYSIOLOGIE
DE
LA MÉDULLO-SURRÉNALE :
LES
EXPÉRIENCES
Elles
ont montré que, contrairement à la cortico- surrénale, la médullo-surrénale
n'est pas indispensable à la vie.
L'ablation
de la médullo-surrénale entraîne une chute de tension artérielle, rapidement
compensée d'ailleurs.
LES
HORMONES
La
médullosurrénale sécrète deux hormones : l'adrénaline et la noradrénaline.
Ces hormones sont désignées sous le vocable plus général de catécholamines.
La
sécrétion, dans les conditions physiologiques; est constituée d'environ 90 %
d'adrénaline et de 10% de noradrénaline.
Ces
deux composés sont chimiquement voisins mais leur action biologique n'est pas
semblable.
Action
cardio-vasculaire. C'est sur l'appareil cardio-vasculaire que leur action est la
plus manifeste.
La
noradrénaline entraîne : une vasoconstriction généralisée, sauf au niveau
des vaisseaux coronaires ;
une
bradycardie. L'adrénaline entraîne :
-avant
tout une tachycardie, un renforcement des contractions myocardites, une élévation
du débit cardiaque ;
-sur
les vaisseaux : une vasodilatation modérée, sauf à doses élevées, où elle
devient vasoconstrictrice.
Les
deux hormones entraînent ainsi une hypertension artérielle, mais de mécanisme
différent: la noradrénaline détermine une hypertension en élevant les résistances
vasculaires périphériques, l’adrénaline provoque l'hypertension en
augmentant le débit cardiaque.
Actions
métaboliques. L'action des catécholamines est brève et intense. .
L'action
sur le métabolisme glucidique se traduit par une hyperglycémie liée à la
mobilisation des réserves hépatiques de glycogène, et par une augmentation du
catabolisme glucidique de toutes les cellules, mais surtout des cellules
musculaires. L'adrénaline est ici 4 à 5 fois plus active que la noradrénaline.
L'action
sur 1e métabolisme lipidique se traduit par une mobilisation des graisses de réserve.
L'ensemble
de ces actions métaboliques intervient lors de la lutte contre le froid, de
l'effort musculaire ( accroissement du rendement musculaire, retard à
l'apparition de la fatigue).
Actions
sur les muscles lisses et les viscères. Les catécholamines entraînent le relâchement
des muscles lisses et provoquent ainsi: une dilatation bronchique, un
ralentissement du péristaltisme gastrique, et intestinal.
Elles
entraînent une contraction de la rate (splénocontraction) et la contraction
des sphincters viscéraux (vessie, tube digestif).
CATÉCHOLAMINES
ET RÉCEPTEURS PÉRIPHÉRIQUES
Les
différences d'action des catécholamines tiennent au fait que celles-ci
agissent à l'échelon cellulaire par l'intermédiaire de structures spéciales,
les récepteurs.
Il
existe deux types de récepteurs ayant des effets antagonistes: les récepteurs
a et les récepteurs.
Les
activités de type a comprennent la vasoconstriction, la spléno-contraction, le
relâchement des fibres lisses.
Les
activités de type comprennent: la
vasodilatation, les effets cardiaques, la broncho-dilatation.
La
noradrénaline a une action exclusivement de type a, l'adrénaline agit sur les
deux types de récepteurs et possède, en fonction des doses administrées, tantôt
une action a, tantôt une action .
Les
actions de l'un ou de l'autre type peuvent être dissociées par
l'administration de substances qui bloquent électivement l'un ou l'autre type
de récepteurs .(alpha bloquants et béta bloquants).
L'ADRÉNALINE
ET LE SYMPATHIQUE
L
' action des catécholamines est comparable à celle du sympathique. Ceci tient
au fait que la noradrénaline est non seulement une hormone médullosurrénalienne
mais aussi le médiateur chimique des fibres sympathiques. Le système
sympathique et la médullosurrénale agissent donc en connexion étroite: la
glande est vraiment intégrée au système sympathique et peut être considérée
comme l'équivalent des cellules nerveuses post-ganglionnaires.
LES
CONNEXIONS DE LA MÉDULLOSURRÉNALE
La
médullosurrénale possède une sécrétion permanente faible mais réagit
rapidement aux situations d'urgence par une sécrétion accrue de catécholamines.
Les
phénomènes qui déclenchent cette sécrétion sont : l'hypotension artérielle
(hémorragie, choc), l'effort musculaire, le froid, les émotions, la douleur,
l'hypoglycémie, bref, toutes les circonstances qui représentent une agression
pour l'organisme ou qui augmentent brusquement ses besoins métaboliques.
Ces
facteurs agissent sur des centres de l'hypothalamus, et la stimulation médullosurrénale
emprunte, de là, les voies nerveuses sympathiques (nerfs splanchniques) ; elle
est déclenchée par les fibres pré-ganglionnaires du sympathique par l'intermédiaire
de leur médiateur chimique l'acétylcholine. Le déclenchement de la sécrétion
médullosurrénalienne lors des agressions s'effectue donc par voie nerveuse
exclusive et essentiellement par voie sympathique. Ceci s'explique par une
origine embryologique commune du système sympathique et de la médullosurrénale.
APPLICATIONS
PRATIQUES
L
'hyperfonctionnement de la médullosurrénale s'observe en cas de tumeur de
cette glande. Ce type de tumeur appelé phéochromocytome produit en excès de
la noradrénaline et de l'adrénaline et se traduit par une hypertension artérielle
paroxystique et par une hyperglycémie.
L'exploration
de la sécrétion médullo-surrénalienne, justifiée en cas de phéochromocytome,
est effectuée par le dosage des catécholamines et de leurs métabolites dans
le sang et les urines.
LE
PANCRÉAS ENDOCRINE:
ANATOMIE

Nous
avons déjà étudié le pancréas avec le tube digestif. Rappelons simplement
que c'est une glande mixte, élaborant en outre des sucs digestifs et que sa
fonction endocrine e!,t dévolue à des îlots de cellules spéciales disséminés
au sein du pancréas exocrine, les îlots de Langerhans. Les études au
microscope électronique y ont montré la présence de plusieurs types différents
de cellules :
-les
cellules A (ou alpha2) qui sécrètent le glucagon ;
-les
cellules B ( ou béta) qui sécrètent l'insuline ;
-les
cellules D qui sécrètent la somatostatine ;
-les
cellules sécrétrices du polypeptide pancréatique humain.
DONNÉES
EXPÉRIMENTALES
La
suppression du pancréas chez l'animal ( chien) , entraîne sa mort dans un
tableau de diabète aigu : augmentation du sucre sanguin (hyperglycémie),
glycosurie, troubles nerveux puis coma diabétique.
L'injection
d'extraits pancréatiques corrige .ces trou?les, empêche révolution fatale et
permet la surVIe
ACTIONS
DU PANCRÉAS ET HORMONES PANCRÉATIQUES
L'INSULINE
L
'hormone essentielle sécrétée par le pancréas est l'insuline. C'est grâce
à ses propriétés hypoglycémiantes que le pancréas exerce sa fonction
endocrine essentielle: la régulation du métabolisme des sucres.
L'insuline
est une protéine complexe, contenant du soufre, dont la formule chimique exacte
est connue. Elle est sécrétée par les cellules B.
L'insuline
a un rôle essentiel dans le métabolisme des glucides, des lipides et des
protides.
Métabolisme
des glucides. C'est là son rôle majeur.
L'insuline
abaisse le taux du sucre sanguin (glycémie) par différents mécanismes :
-elle
favorise la pénétration du glucose à l'intérieur des cellules, en
particulier au niveau du muscle et du tissu adipeux ;
-elle
favorise le stockage du glucose sous forme de glycogène, dans les cellules, en
particulier au niveau du foie, des muscles et du tissu adipeux;
-elle
inhibe tous les processus de dégradation du glycogène en glucose,
-enfin
elle inhibe la fabrication de glucose à partir des lipides ou des protides (néoglycogénèse).
L'insuline
contribue à maintenir constant le taux de la glycémie et cette action est
largement utilisée en thérapeutique dans le traitement du diabète.
La
sécrétion d'insuline est déclenchée par différents facteurs :
-l'élévation
de la glycémie est le facteur primordial de la sécrétion d'insuline ;
-l'action
de certaines hormones intervient : lors de la digestion, la sécrétine, la
pancréozymine déclenchent une insulino-sécrétion ; le glucagon a également
une action stimulante sur la sécrétion d'insuline ;
-les
facteurs nerveux: les catécholamines (médiateurs du système nerveux autonome)
inhibent la sécrétion d'insuline; le pneumogastrique provoque la sécrétion
d'insuline (il est commandé par un centre hypothalamique) .
Métabolisme
des lipides.
L'insuline
favorise la mise en réserve des triglycérides dans les cellules adipeuses et
s'oppose à leur catabolisme.
Elle
favorise la synthèse d'acides gras à partir des glucides, dans le tissu
adipeux et au niveau du foie : cette action .tend également à abaisser la glycémie.
Métabolisme
des protides. L'insuline favorise l'anabolisme protéique en facilitant la synthèse
de" protides à partir des acides aminés.
Elle
s'oppose également au catabolisme des protides.
LES
AUTRES HORMONES PANCRÉATIQUES
Le
glucagon. Le glucagon est une autre hormone du pancréas élaborée par les
cellules A. Ses propriétés sont antagonistes de l'insuline :
-métabolisme
glucidique : le glucagon provoque l'augmentation de la glycémie en libérant le
glucose à partir des réserves glycogéniques du foie (glycogénolyse) ;
-métabolisme
des lipides: le glucagon libère les acides gras à partir des réserves du
tissu adipeux ;
-métabolisme
des protides: le glucagon favorise la fabrication par le foie de glucides à
partir des acides aminés.
Le
glucagon intervient également dans le métabolisme électrolytique en déterminant
une hyperkaliémie (élévation du potassium sanguin), et une augmentation de l'élimination
urinaire des électroIytes. Enfin, le glucagon stimule la sécrétion d'autres
hormones: insuline, catécholamines, hormone de croissance, thyrocalcitonine.
La
sécrétion de glucagon est contrôlée par : -le taux plasmatique du glucose,
facteur capital, et accessoirement par le taux plasmatique des acides aminés ou
des acides gras libres ;
-le
système nerveux: stimulation sécrétoire par les catécholamines et le
pneumogastrique ;
-d'autres
hormones: stimulation par le vaso-intestinal peptide, la pancréozymine,
l'hormone de croissance, les corticoïdes, diminution par la somatostatine,
l'insuline.
Par
ses deux hormones glyco-régulatrices d'action inverse, le pancréas endocrine
assure donc au mieux des besoins de l'organisme la régulation du métabolisme
des sucres et la stabilité de la glycémie.
La
somatostatine. La somatostatine ou U S.R.I.F . ( Somatotrophin Release
Inhibiting Factor ) est élaborée par les cellules D.
Son
action physiologique est encore imparfaitement connue. Elle inhibe chez l'homme
la sécrétion d'hormone de croissance, d'insuline, de glucagon, de gastrine.
Le
polypeptide pancréatique humain. Il est élaboré par des cellules particulières.
Son rôle physiologique est inconnu.
LE
TESTICULE:
ANATOMIE
Nous
l'avons déjà étudiée. Rappelons simplement que la fonction endocrine du
testicule est dévolue aux cellules interstitielles de Leydig.
PHYSIOLOGIE
Le
testicule est une glande mixte: nous avons déjà étudié sa fonction exocrine
qui consiste dans l'élaboration des spermatozoïdes, en insistant sur son
caractère continu, depuis la puberté jusqu'à la sénescence.
La
fonction endocrine a pu être étudiée par la castration :
-pratiquée
avant la puberté, la castration entraîne la persistance du type infantile
caractérisé par le non-développement des organes génitaux (caractères
sexuels primaires) et par la non-apparition . des caractères sexuels
secondaires : pilosité pubienne, mue de la voix, comportement masculin, développement
musculaire et squelettique de type masculin ;
-pratiquée
chez l'adulte, la castration n'entraîne qu'une régression très incomplète
des caractères sexuels secondaires. Bien entendu, la castration supprime toute
possibilité de reproduction.
L'administration
au sujet castré d'extraits glandulaires entraîne la correction des troubles et
permet en particulier chez l'enfant le développement des organes génitaux et
des caractères sexuels secondaires.
LES
HORMONES TESTICULAIRES
Ce
sont des substances stéroïdes: elles sont donc chimiquement proches des
hormones cortico-surrénales. L 'hormone essentielle est la testostérone; les
autres hormones (androstérone) semblent être des produits de transformation de
la testostérone;
Les
actions de la testostérone sont multiples :
-actions
tissulaires :
.elle
développe les organes du tractus génital mâle: épididyme, déférent,
prostate, organes génitaux externes ;
.elle
confère au développement musculaire et squelettique le type masculin ;
.elle
agit sur la peau, plus rude et plus pigmentée chez l'homme ;
.elle
agit sur la répartition du tissu graisseux ; .elle provoque le développement
pileux ; .enfin, elle agit sur la musculature du larynx,
conditionnant
les mues de la voix ;
-actions
sur le comportement: elle augmente la combativité, l'agressivité, développe
la libido .
-actions
métaboliques enfin : l'action la plus nette de la testostérone porte sur les
lipides, la castration entraînant un engraissement rapide alors que
l'administration d'hormone agit en sens inverse; par ailleurs, la testostérone
facilite la synthèse par l'organisme de ses protides, ce qui explique son rôle
dans la croissance et le développement du squelette et des muscles. Elle a en
outre un effet toni-cardiaque et vaso- dilatateur.
L'administration
à la femelle d'hormones mâles agit sur : les ovaires, les caractères sexuels
secondaires (transformations des
muqueuses utérine et vaginale, hypertrophie clitoridienne, hypertrophie des
glandes mammaires) ; elle peut, à doses élevées, entraîner l'apparition de
signes de virilisme.
La
testostérone est inactivée dans l'organisme au niveau du foie et transformée
en dérivés appelés cétostéroïdes éliminés par voie urinaires. La
production de testostérone est d'environ 7 mg par 24 heures.
Le
testicule sécrète également une hormone non stéroïdienne appelée inhibine.
L'inhibine est sécrétée par les cellules de Sertoli. Elle a une triple action
:
-au
niveau hypophysaire, elle bloque la synthèse et la libération de F .S.H. ;
-au
niveau hypothalamique, elle inhibe la synthèse de L.H.R.H. ;
-au
niveau testiculaire, elle joue un rôle dans l'acquisition de la mobilité des
spermatozoïdes.
LES
CONNEXIONS DU TESTICULE
Il
existe des interrelations étroites entre le testicule et les autres glandes
endocrines de l' organisme: c'est ainsi que la castration entraîne une
hypertrophie de l'hypophyse, une hyperthyroïdie, retarde l'involution du thymus
et provoque une augmentation des îlots de Langerhans pancréatiques.
Le
développement et le fonctionnement du testicule sont commandés par l'hypophyse
qui élabore des gonado-stimulines. Au moment de la puberté, la sécrétion de
gonado-stimulines par l'hypophyse augmente brusquement provenant le développement
testiculaire et déclenchant la sécrétion par celui -ci de la testostérone
qui va achever le développement génital. Il existe deux gonado-stimulines ;
-la
gonado-stimuline A ou F .S.H. qui stimule la spermatogénèse et la croissance
des tubes séminifères ;
-la
gonado-stimuline B ou L.H. qui stimule le fonctionnement des cellules de Leydig
et la production par celles-ci de testostérone.
La
sécrétion de ces deux gonado-stimulines est elle-même sous la dépendance de
l'hypothalamus qui élabore une hormone de libération appelée L.H.R.H. Cette
hormone stimule la sécrétion de F.S.H. et de L.H. La sécrétion de L.H.R.H.
est continue chez l'homme mais son importance dépend du taux des hormones
sexuelles circulantes, la baisse de ce taux augmentant la sécrétion de
L.H.R.H.
Rappelons
que l'inhibine testiculaire exerce un contrôle (rétro-contrôle) sur les taux
de F.S.H. et de L.H.R.H. dont elle inhibe la synthèse et la libération. .
La
nutrition enfin aune influence considérable sur le testicule: la dénutrition
entraîne une atrophie des cellules de Leydig; la vitamine E agit surtout sur la
lignée séminale, elle est nécessaire à la production des stimulines et
influence la spermatogénèse.
L'OVAIRE:
ANATOMIE
Nous
l'avons déjà décrite. La fonction endocrine est dévolue aux cellules
folliculeuses qui entourent l'ovocyte au cours de son développement et à
partir desquelles se formera le corps jaune.
PHYSIOLOGIE
Nous
avons déjà étudié en détail la formation exocrine de l'ovaire, c'est-à-dire
la production des ovules. Comme celle-ci, la fonction endocrine de l'ovaire est
cyclique. la sécrétion des hormones ovariennes s’effectue Selon un rythme
qui se superpose au cycle génital.
LA
CASTRATION
La
castration ovarienne a des effets différents suivant l'âge auquel elle est
effectuée :
-avant
la puberté, elle entraîne la persistance d'un tractus génital infantile,
l'absence de puberté, une obésité ;
-après
la puberté, elle entraîne la régression du tractus génital, l'atténuation
des caractères sexuels secondaires, la suppression de la fonction de
reproduction, l'arrêt du cycle génital, une obésité.
L'administration
d'hormones ovariennes corrige les effets de la castration. A doses exagérées,
elles entraînent chez l'enfant un développement précoce de l'appareil génital
et de ses annexes.
LES
HORMONES OVARIENNES
L'ovaire
sécrète quatre groupes d'hormones; les oestrogènes, la progestérone, une
petite quantité d'androgènes et le groupe de l'inhibine et des cybernines.
Contrairement aux autres hormones, l'inhibine et les cybernines ne sont pas
stéroidiennes.
1.
Les hormones oestrogéniques ou oestrogènes. Elles sont au nombre de trois;
l'oestradiol (ou dihydrofolliculine) produit le plus actif, l'oestrone (ou
folliculine) et l'oestriol (ou hydrate de folliculine).
Les
oestrogènes sont élaborés essentiellement par les cellules de la thèque
interne.
Leurs
actions physiologiques sont les suivantes;
-actions
sur le tractus génital et les caractères sexuels ;
.elles
entraînent une hypercontractilité des trompes ;
.au
niveau du corps utérin, elles favorisent le développement du muscle utérin et
de la muqueuse utérine ;
.au
niveau du vagin, elles entraînent l'apparition sur le frottis vaginal de
cellules superficielles ;
.au
niveau des seins elles provoquent une hypertrophie de la glande mammaire ;
-actions
métaboliques; les oestrogènes favorisent la fixation du calcium sur la trame
protéique de l'os et la soudure précoce des cartilages de conjugaison. Ils
favorisent aussi la rétention hydrique ;
-autres
actions; chez la femme, les oestrogènes facilitent le développement des
fibromes et des cancers du sein; chez l'homme, ils entraînent une atrophie des
organes sexuels (pénis, épididyme, vésicules séminales), une diminution de
la spermatogénèse et de la production de testostérone.
Les
oestrogènes, en partie détruits par le foie, sont éliminés par voie
essentiellement urinaire sous forme d'oestriol.
A
côté des hormones naturelles, on a pu fabriquer de nombreux corps chimiques
doués des mêmes propriétés: ce sont les oestrogènes de synthèse (stilboestrol,
hexoestrol, dienoestrol, etc.).
2.
La progestérone. Elle est élaborée, en dehors de la grossesse, par les
cellules de la granulosa ( corps jaune), et pendant la grossesse par le
placenta.
Le
rôle physiologique de la progestérone porte essentiellement sur la préparation
et le maintien de la grossesse; la destruction du corps jaune au début de la
grossesse entraîne l'arrêt de celle-ci.
Elle
exerce son action sur ;
-le
tractus génital ;
.au
niveau de l'utérus, elle ramollit le muscle utérin dont elle inhibe les
contractions, et elle complète l'action des oestrogènes sur la muqueuse
qu'elle amène au stade de dentelle utérine ;
.au
niveau du vagin, elle modifie l'aspect des frottis ( apparition de cellules
plicaturées) ;
.au
niveau des seing, elle hypertrophie les glandes mammaIres ;
-pendant
la grossesse, elle inhibe la contractilité de l'utérus et empêche l'expulsion
de l'ovule.
-autres
actions: elle facilite le métabolisme des oestrogènes et a une action d'élévation
de la température.
La
progestérone est éliminée dans les urines sous forme de prégnandiol.
A
côté de la progestérone, on a fabriqué des progestatifs de synthèse dont
l'action bloque l'ovulation et qui, de ce fait, sont utilisés pour la
contraception.
3.
Les androgènes. L'ovaire sécrète une petite quantité d'androgènes et
essentiellement de la delta4- androsténedione (environ 3,4mg par 24 heures) qui
est ensuite transformée en testostérone.
Les
androgènes sont sécrétés essentiellement par le stroma ovarien.
Ils
agissent principalement sur la pilosité pubienne et axillaire.
4. L'inhibine et les cybernines. L'inhibine ovarienne a les mêmes actions au
niveau de l'hypophyse et de l'hypothalamus que l'inhibine testiculaire. Au
niveau de l'ovaire, l'inhibine intervient dans la maturation folliculaire.
Les
cybernines modulent les actions de la F .S.H. et de la L.H. au niveau du
follicule. Plusieurs cybernines sont actuellement connues: .
-l'inhibiteur
de la maturation des ovocytes (bloque l'ovocyte en méiose) ;
-l'inhibiteur
de la liaison de F.S..H. (détermine l'atrésie du follicule) ;
-l'inhibiteur
de la lutéinisation (l'empêche de se produire avant le pic de L.H.) ;
-l'inhibiteur
de la liaison de L.H. à ses récepteurs (intervient dans l'atrophie du corps
jaune);
-la
gonadocrinine a une action inverse de celle de l'inhibine : elle stimule la sécrétion
de F .S.H. et de L.H. à l'étage hypophysaire.
L'étude
des hormones ovariennes montre une certaine spécialisation sécrétoire des
différents constituants du parenchyme ovarien puisque :
-les
cellules de la thèque sécrètent les oestrogènes;
-les
cellules de la granulosa sécrètent la progestérone, l'inhibine et les
cybernines ;
-enfin,
les cellules du stroma ovarien élaborent les androgènes.
LE
CYCLE HORMONAL DE L'OVAIRE
Le
cycle hormonal ovarien est le suivant :
-du
premier au quatorzième jour du cycle: la maturation folliculaire s'effectue
sous l'influence de la F.S.H. sécrétée par l'hypophyse. La sécrétion de FSH
hypophysaire est elle-même déclenchée par un centre de contrôle
hypothalamique qui élabore une hormone, la L.H.R.H. qui stimule la sécrétion
hypophysaire. Le centre de contrôle hypothalamique a une activité cyclique et
sa sécrétion est fonction du taux des oestrogènes circulants ainsi que de la
sécrétion d'inhibine et de cybernine.
Au
fur et à mesure de la maturation du follicule, ses cellules sécrètent des
oestrogènes dont le taux augmente pendant toute cette période. Les oestrogènes
entraînent les modifications des muqueuses utérine et vaginale étudiées au
chapitre précédent. Ils agissent également sur la sécrétion de L.H.R.H. qui
provoque à son tour la sécrétion de L.H hypophysaire ;
-au
quatorzième jour du cycle, la sécrétion de L.H. hypophysaire atteint un pic
qui détermine la ponte ovulaire ;
-durant
la seconde moitié du cycle, l'activité du corps jaune est commandée par
l'hypophyse; la sécrétion de F .S.H. est moindre et celle de L.H. est prédominante,
tenant sous sa dépendance la sécrétion hormonale du corps jaune. Celui-ci sécrète
simultanément oestradiol et progestérone et cette association commande les
transformations des muqueuses utérine ( dentelle utérine) et vaginale. L'arrêt
de ces différentes sécrétions hormonales marque la fin du cycle et la
survenue des règles. L'atrophie du corps jaune périodique est sous la dépendance
de l'inhibiteur de la liaison de L.H à ses récepteurs.
Pendant
la seconde moitié du cycle, existe également une sécrétion de prolactine
hypophysaire qui explique la congestion mammaire prémenstruelle Mais n'influe
pas sur le déroulement du cycle hormonal ovarien. En revanche, au cours de la
grossesse, la sécrétion de prolactine augmente considérablement ce qui
conditionne les modifications gravidiques de la glande mammaire et, ultérieurement,
après l'accouchement, la montée laiteuse.
Le
déclenchement de l'activité ovarienne s'effectue à la puberté par commande
hypothalamo-hypophysaire, et c'est l'apparition des sécrétions endocrines de
l'ovaire qui est responsable des transformations de l'appareil génital et de
l'apparition des caractères sexuels secondaires.
La
cessation de l'activité endocrine ovarienne s'effectue vers cinquante ans;
c'est la ménopause. C'est la disparition des hormones ovariennes qui est
responsable des troubles observés à ce moment.
LES
CONNEXIONS DE L'OVAIRE
Nous
avons étudié ci-dessus la commandé des sécrétions ovariennes par
l'hypophyse et les rapports des hormones ovariennes et des stimulines
hypophysaires.
L'HYPOPHYSE:
ANATOMIE
L'hypophyse
est une petite glande appendue au plancher du troisième ventricule par une tige
étroite, la tige pituitaire, et logée dans la selle turcique creusée sur le
corps du sphénoïde. Son poids est de 0,60 g, sa taille celle d'un pois.
Elle
est constituée de trois parties, dont les fonctions sont totalement différentes:
le lobe antérieur, le lobe intermédiaire, et le lobe postérieur.
PHYSIOLOGIE
DU LOBE ANTÉRIEUR
Le
lobe antérieur de l'hypophyse ou antéhypophyse est formé de deux sortes de
cellules: les cellules chromophiles, riches en granulations, soit acidophiles
(40% des cellules antéhypophysaires), soit basophiles (10% des cellules) et les
cellules chromophobes (50% des cellules) dépourvues de granulations.
L
'antéhypophyse sécrète de très nombreuses hormones. Les principales sont :
L'HORMONE
DE CROISSANCE
Elle
est appelée aussi hormone somatotrope. Elle assure un développement harmonieux
du corps humain; elle est responsable de la taille du sujet. Elle stimule donc
la croissance et ceci par action spécifique sur les cartilages de conjugaison
qui s'hypertrophient considérablement sous son action. L 'hypophysectomie entraîne
l' arrêt de la croissance chez l'animal jeune, l'administration excessive
d'hormone somatotrope à un sujet normal en voie de croissance entraîne un
gigantisme.
L
'hormone de croissance a en outre un rôle sur la cicatrisation.
Enfin
elle a des fonctions métaboliques :
-sur
les protides: elle aune action d'anabolisme et de synthèse des protides;
-sur
les glucides: elle aune action hyperglycémiante car elle mobilise les sucres en
provoquant la sécrétion de gIucagon pancréatique ; .
-sur
les lipides: elle mobilise les réserves lipicliques et favorise leur
utilisation pour la synthèse des protides.
LES
STIMULINES
Elles
agissent sur les autres glandes endocrines dont elles règlent le
fonctionnement. Ce sont :
1.
La cortico-stimuline ou A.C.T.H. : elle stimule les zones fasciculée et réticulée
de la corticosurrénale et la sécrétion hormonale de ces zones ( cortisol et
androgènes) ; en revanche, il n'y a pas d'action de l'A.C.T.H. sur la sécrétion
d'aldostérone. L'A.C.T.H. stimule toutes les étapes de la formation des
corticostéroïdes à partir du cholestérol.
2.
La thyréostimuline ou hormone thyréotrope ou T.S.H. : elle augmente le poids
et la vascularisation de la thyroïde, elle stimule les cellules folliculaires
et toutes les étapes de la synthèse des hormones thyroïdiennes avec libération
accrue de celles-ci.
3.
Les gonadostimulines :
-la
F.S.H. : chez la femelle, la F.S.H. provoque la maturation des follicules mais
ne peut déclencher l'ovulation ( qui nécessite la L.H. ) ; chez le mâle, la
F.S.H. stimule la spermatogenèse ;
-la
L.H. : chez la femelle, elle provoque, en synergie avec la F.S.H., l'ovulation,
la formation du corps jaune et la sécrétion d'oestrogènes et de progestérone
; chez le mâle, elle stimule le fonctionnement des cellules de Leydig et la
production d'hormone mâle; il est très remarquable de constater que les
gonadostimulines sont identiques dans les deux sexes, et que leur action est
différente chez l'homme et chez la femme ;
-la
prolactine: elle a une double action sur les glandes mammaires. Elle a un effet
mammotrope ( croissance des glandes mammaires en synergie avec les oestrogènes,
1a progestérone et la S. T .H. ) et un effet lactogénique (montée laiteuse et
entretien de la lactation après l'accouchement).
L
' existence des stimulines explique l' atrophie des glandes endocrines constatée
au cours des syndromes d'insuffisance hypophysaire ou après hypophysectomie.
LES
HORMONES LIPOL YTIQUES
Elles
sont au nombre de deux : la béta-L.P.H. et la alpha-L.P.H. Elles provoquent une
diminution de la masse adipeuse et une augmentation du taux d'acides gras
libres.
PHYSIOLOGIE
DU LOBE INTERMÉDIAIRE
Son
rôle est net chez l'animal où il a une action sur les cellules pigmentaires grâce
à une hormone, l'intermédine ou M.S.H. (Mélanocyte-Stimulating- Hormon) ou
hormone mélanotrope. Il existerait deux hormones mélanotropes, l'alpha-M.S.H.
et la béta- M.S.H. Ces hormones conditionnent le changement de couleur de
certains animaux. Chez l'homme, leur rôle physiologique reste à déterminer .
PHYSIOLOGIE
DU LOBE POSTÉRIEUR
Le
lobe postérieur ou post-hypophyse est constitué de cellules spéciales, les
pituicytes, entourées de cellules névrogliques.
Les
hormones post-hypophysaires sont en réalité synthétisées dans l'hypothalamus
et le lobe postérieur de l'hypophyse n'est qu'un simple lieu de stockage à
partir duquel elles sont libérées dans la circulation.
Ces
hormones sont au nombre de deux : la vasopressine (hormone antidiurétique) et
l'ocytocine.
LA
V ASOPRESSINE OU PITRESSINE, OU A.D.H.
Elle
a deux actions :
-elle
provoque une vasoconstriction et entraîne de ce fait une hypertension artérielle
;
-elle
a une action antidiurétique : elle règle la réabsorption rénale de l'eau
qu'elle tend à augmenter, par action au niveau du tube distal et du tube
collecteur de Bellini, évitant ainsi des fuites urinaires trop importantes.
Elle tend en outre à augmenter l'élimination urinaire du chlore et du sodium.
Sa sécrétion est sous la dépendance de la pression osmotique du sang artériel
donc de la teneur en eau et en électrolytes de celui-ci, toute augmentation de
pression osmotique provoquant la sécrétion de l'hormone et, inversement, toute
diminution de pression osmotique freinant la sécrétion de vasopressine. De la
même façon, toute diminution du volume sanguin circulant (hypovolémie par déshydratation
ou hémorragie) déclenche, par voie réflexe, à partir des volorécepteurs de
l'oreillette, une sécrétion d'A.D.H. L'altération de la post-hypophyse et
surtout de l'hypothalamus entraîne un diabète insipide, maladie caractérisée
par une diurèse quotidienne considérable.
L'OCYTOCINE
Elle
provoque la contraction des fibres musculaires lisses et notamment celles de
l'utérus: à ce titre, elle joue un rôle fondamental dans l'accouchement. Elle
intervient également, en association avec la prolactine, dans le déclenchement
de la lactation.
L'HYPOTHALAMUS
Les
travaux modernes ont démontré que la fonction de l'hypophyse ( qui elle-même
contrôle les autres glandes endocrines de l'organisme) est sous la dépendance
de l'hypothalamus. La région hypothalamique est donc le véritable « cerveau
endocrinien » de l'organisme puisqu'elle commande la sécrétion de toutes les
glandes endocrines du corps.
NOYAUX
HYPOTHALAMIQUES
Au
sein de l'hypothalamus ont été individualisés un certain nombre de noyaux (supra-optiques,
noyau paraventriculaire, noyau infundibulaire, noyaux accessoires, etc). Ces
noyaux sont les lieux d'élaboration des hormones hypothalamiques.
CONNEXIONS HYPOTHALAMO- HYPOPHYSAIRES
Les
liaisons entre hypothalamus et hypophyse diffèrent selon qu'il s'agit de l'antéhypophyse
ou de la post-hypophyse :
-I.es
liaisons avec l'antéhypophyse sont mixtes, neurovasculaires : les produits de sécrétion
hypothalamiques sont acheminés d'abord le long des axones qui se dirigent vers
l'hypophyse puis déversés dans le réseau vasculaire hypophysaire qui les
conduit jusqu'aux cellules antéhypophysaires ;
-les
liaisons avec la post-hypophyse sont nerveuses pures: les hormones
hypothalamiques sont acheminées.. le long des axones uniquement jusqu'au lobe
postérieur de l'hypophyse où elles sont stockées.
HORMONES
HYPOTHALAMIQUES
Actuellement,
une dizaine de facteurs hormonaux hypothalamiques ont été individualisés,
dont certains sont stimulants et d'autres inhibiteurs.
Ces
hormones hypothalamiques sont les suivantes : 1. Le facteur de contrôle de
l'hormone thyréotrope : ce facteur appelé T .R.H., stimule la sécrétion et
la libération de T.S.H. hypophysaire.
2.
Les facteurs de contrôle de l'hormone corticotrope. Ils semblent être au
nombre de deux : l'alpha-C.R.F. qui favorise la libération d'A.C.T.H. par
l'hypophyse et le p-C.R.F. qui favorise sa synthèse par les cellules
hypophysaires.
3.
Les facteurs de contrôle de l'hormone somatotrope. Il existe deux facteurs de
contrôle de cette hormone (la S.T.H.) :
-un
facteur stimulant, la G.H.R.H., qui favorise la synthèse et la libération de
la S.T.H. ;
-un
facteur inhibiteur, la G.H.R.I.H. ou S.R.I.F. ou somatostatine qui empêche la
libération de S. T .H. mais inhibe également la sécrétion par le pancréas
d'insuline. et de glucagon.
4.
Les facteurs de contrôle des hormones gonadotropes. Il semble qu'il n'existe,
en fait, qu'un seul facteur de libération des hormones gonadotropes. Ce facteur
appelé L.H.R.H. provoquerait. à la fois la libération de la F.S.H. et de la
L.H.
5.
Les facteurs de contrôles de la prolactine. Ils semblent être lR1 nombre de
deux : -un facteur stimulant, le P.R.F. ; un facteur inhibiteur, le P .I.F .
6.
Les facteurs de contrôle de l'hormone mélanotrope. Ils sont également au
nombre de deux :
-un
facteur stimulant, le M.R.F. ;
-un
facteur inhibiteur, le M.I.F .
AUTRES
GLANDES ENDOCRINES
AUTRES
HORMONES
D'autres
organes du corps ont également une fonction endocrine.
L'ÉPIPHYSE:
Elle
dépend anatomiquement du toit du troisième ventricule. Elle synthétise une
hormone appelée mélatonine. La mélatonine a des actions multiples :
-elle
a un effet inhibiteur sur la sécrétion par l'hypothalamus de T.R.H. et a de ce
fait, une action inhibitrice sur la thyroïde ;
-elle
inhibe la sécrétion par l'hypophyse d'A.C.T.H., de S.T.H., de L.H.R.H. ; cette
dernière action explique qu'elle puisse freiner la maturation gonadique du
sujet jeune ;
-elle
bloque la sécrétion hypothalamique de M.I.F. et épuise ainsi l'hormone mélanotrope
du lobe moyen de l'hypophyse ;
-elle
stimule la sécrétion par l'hypophyse de prolactine ;
-chez
l'amphibien, la mélatonine éclaircit la coloration de la peau en provoquant la
constriction des cellules pigmentées ;
-elle
pourrait enfin induire le sommeil. La mélatonine est produite d'une façon
rythmique par l'épiphyse : il existe une forte sécrétion nocturne (non corrélée
avec les phases du sommeil) et une diminution de la sécrétion pendant le jour.
On a noté aussi des variations saisonnières de la sécrétion épiphysite.
Enfin,
une situation de stress peut augmenter la sécrétion de mélatonine.
LE
THYMUS:
Il
est placé à la partie haute du médiastin antérieur, en arrière du sternum.
Il est très développé chez l'enfant et s'atrophie chez l'adulte. On lui a
attribué un rôle dans la croissance comme réserve de nucléo- protéines, un
rôle dans la maturation sexuelle. En fait, le thymus joue un rôle majeur dans
l'établissement, après la naissance, des processus d'immunité. C'est en effet
à son niveau que s'effectue la maturation d'une partie de la lignée des
cellules lymphoïdes et leur différenciation en T lymphocytes qui sont les éléments
essentiels de l'immunité à médiation cellulaire. La maturation des
lymphocytes T s'effectue sous l'influence de facteurs hormonaux sécrétés par
le thymus et appelés thymosines. .
LE
REIN:
Il
sécrète, rappelons-le, la rénine, d'action hypertensive et l'érythropoïétine
qui stimule la fabrication des globules rouges par les organes hématopoïétiques.
LE
COEUR:
Outre
son rôle mécanique de pompe, le coeur a également une fonction endocrine. Il
élabore, en effet, une hormone, diversement dénommée: cardionatrille,
atriopeptille, auriculille, atrine, facteur atri-natriurétique (A.N.F.).
Cette
hormone est élaborée au niveau de l'oreillette droite. Sa sécrétion est déclenchée
par la distension des oreillettes ou l'augmentation des pressions intra-
auriculaires ( surcharge liquidienne) . La cardionatrine agit au niveau :
-du
rein: elle augmente la filtration glomérulaire et l'élimination urinaire du
sodium, elle inhibe la sécrétion de rénine ;
-de
la surrénale: elle inhibe la sécrétion d'aldostérone ;
-des
gros vaisseaux: elle est puissamment vasodilatatrice.
La
cardionatrine intervient dans le maintien de la volémie, l'équilibre de la
balance sodée, la régulation de la pression artérielle.
LES
ORGANES DU TUBE DIGESTIF:
Ils
sécrètent de très nombreuses hormones qui lui confèrent une fonction
endocrine d'importance capitale. Ces hormones ont été étudiées à propos de
l' appareil digestif et nous renvoyons aux chapitres qui lui ont été consacrés.
LES
PROSTAGLANDINES:
Ce
sont des composés hormonaux qui existent dans de très nombreux organes et dont
les actions physiologiques sont multiples.
COMPOSITION
Toutes
les prostaglandines sont des acides gras à 20 atomes de carbone. On connaît
actuellement 14 prostaglandines différentes que l'on classe en 4 types en
fonction de leur structure chimique : prostaglandine A, B, E et F.
SIÈGE
Initialement
découvertes dans le liquide séminal humain (d'où leur nom), on a démontré
qu'elles existent à l'état naturel dans la plupart des cellules et des tissus
où elles exercent d'importantes fonctions.
ACTIONS
Les
actions physiologiques des prostaglandines sont très nombreuses et nous ne
pourrons en donner qu'un aperçu. Elles semblent intervenir dans nombre de
processus métaboliques à l'échelon cellulaire.
Les
principales actions portent sur :
-l'appareil
génital: chez l'homme elles interviennent dans la vasodilatation des organes génitaux
au cours de l'acte sexuel et déclenchent l'éjaculation ; chez la femme, elles
agissent sur les fibres musculaires lisses de l'utérus et des trompes,
certaines inhibant la contraction musculaire, d'autres au contraire l'exagérant:
certaines prostaglandines favorisent donc la nidation, d'autres interviennent
lors de l'accouchement et peuvent même être abortives ;
-l'appareil
respiratoire: certaines prostaglandines sont broncho-dilatatrices, d'autres
broncho-constrictrices ;
-l'appareil
circulatoire: la plupart des prostaglandines sont vasodilatatrices, abaissent la
tension artérielle, accroissent le débit cardiaque et la contractilité du
myocarde; .
-le
système nerveux : les prostaglandines semblent intervenir dans la transmission
de l'influx nerveux ; elles sont toxiques lorsqu'elles sont injectées par voie
intraventriculaire ;
-le
tube digestif: selon leur nature, les prostaglandines influencent dans un sens
ou l'autre la motilité du tube digestif; elles s'opposent au développement
d'ulcères digestifs ;
-l'appareil
urinaire: elles sont puissamment diurétiques; elles interviennent dans la régulation
de la tension artérielle ;
-les
grands métabolismes: elles stimulent ou freinent la lipolyse; certaines
prostaglandines Ont. une action hypoglycémiante (comme l'insuline) d'autres
favorisent la synthèse des stéroïdes ;
-la
coagulation sanguine et les phénomènes inflammatoires: les prostaglandines
inhibent l'adhésivité et l'agrégation des plaquettes; les prostaglandines
peuvent reproduire les signes de la réaction inflammatoire mais certaines ont
des propriétés anti- inflammatoires;
-l'immunité:
les prostaglandines semblent avoir un effet régulateur sur les fonctions des
lymphocytes.
LES
SOMA TOMÉDINES
Sont.
des hormones protéiques élaborées essentiellement au niveau du foie. Elles
agissent sur la croissance des cartilages de conjugaison et ont une activité métabolique
comparable à celle de l'insuline ; on les appelle d'ailleurs pour cette raison
insulin- like growth factors.
LA
SUBSTANCE
Se
trouve dans de nombreux organes: glandes salivaires, thyroïde, trachée, pancréas,
vessie, prostate, système nerveux central. C'est un puissant stimulant de la sécrétion
salivaire et de la motilité intestinale; elle a une action vasodilatatrice dans
le muscle et le tissu adipeux ; elle inhibe la libération d'insuline; enfin et
surtout, elle joue un rôle essentiel dans la transmission de la douleur ( elle
est libérée durant l'activation des fibres nociceptives). Il semble s'agir
d'un neuromodulateur qui agit en synergie avec les médiateurs du système
nerveux.
CONCLUSION
Toutes
les glandes endocrines entretiennent des rapports étroits; avec les tissus
dont les besoins leur sont rapportés par voie sanguine ( appauvrissement en
hormones) ou nerveuse ( nerfs sensibles) ; entre elles, par voie sanguine; enfin
avec le système nerveux qui groupe au niveau du plancher du troisième
ventricule un groupe de centres constituant un véritable ( cerveau végétatif.
qui règle l'activité de tout le système endocrinien: c'est le neurostat
endocrinien. Cet ensemble neuro-endocrinien met en jeu simultanément plusieurs
de ses éléments dans des actions déterminées (glycorégulation, défense de
l'organisme contre les agressions, par exemple) ; cette solidarité harmonise le
fonctionnement de nos .organes, régularise nos métabolismes, maintient
constant notre milieu intérieur et, par là, nous permet une vie normale.
Moyens Mnémotechniques pour retenir ces
cours?
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